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25 octobre 2026
L’équipe revient tout juste des réunions annuelles 2026 du FMI à Bangkok, où nous avons discuté de tous les sujets clés avec les principaux responsables publics mondiaux, investisseurs et analystes. Nous participons à ces réunions depuis plus de trois décennies, de sorte que notre angle sera méta. L’auteur de ces lignes a quitté la Thaïlande à l’âge de 13 ans, en 1979, et formule également quelques observations complémentaires sur ce qui a changé en Thaïlande depuis lors. Nous vous remercions de votre attention — de nombreux détails sur des pays individuels figurent dans ce texte, et ils sont importants, mais nous essayons toujours de commencer par une vue d’ensemble ; tout le monde ne souhaite pas entendre parler du dernier ajustement de la politique monétaire chilienne dès le début, ni même jamais, et ce n’est pas indispensable.
La « dominance budgétaire » est désormais le cadre dominant pour analyser tous les souverains. Cette évolution s’est dessinée de longue date, puisque nous utilisons ce cadre depuis nos premiers textes en 2012. L’auteur de ces lignes a relaté ses débats sans fin (et heureux) avec ses collègues du G-10 chez Morgan Stanley, qui écartaient généralement la « dominance budgétaire » comme extrêmement improbable dans les marchés développés. Ce n’est plus le cas.
Les implications sur les prix des actifs, dans les grandes lignes (les détails sur les pays clés figurent plus loin), sont les suivantes :
Les marchés, comme les personnes, sont souvent dans le déni. Mark Twain disait qu’« il est plus facile de tromper quelqu’un que de le convaincre qu’il a été trompé ». Nous avons été aux premières loges de ce déni — pratiquement tous les économistes du G-10 considéraient la « dominance budgétaire » comme un cadre inadapté pour les marchés développés. Beaucoup la reconnaissent désormais, et la hausse du prix de l’or a contraint de nombreuses institutions sell-side à reformuler leur analyse. Mais les économistes spécialisés sur les marchés émergents ont déjà observé à de multiples reprises la « dominance budgétaire » à l’œuvre au fil du temps, contrairement aux économistes des marchés développés. Les économistes des marchés développés ont évolué dans un univers intellectuel où FX=1 (réfléchissez-y), alors que les économistes des marchés émergents savent que FX ≠ 1. (La plupart des économistes du G-10, en particulier, écartaient les scénarios dans lesquels les pays émetteurs de monnaies de réserve pourraient voir leur politique monétaire perdre de son efficacité, conséquence logique de la « dominance budgétaire », dont l’expression concrète est précisément à la fois une hausse des rendements et une devise plus faible. En outre, l’analyse de la courbe des taux du G-10, notamment la prime de terme, renvoie toujours à l’inflation, mais pas au défaut technique, à la dépendance au financement offshore ou aux crises politiques, qui sont pourtant des réalités bien connues des économistes des marchés émergents.) Notre point est que ce n’est pas parce que la « dominance budgétaire » est désormais évoquée par les économistes des marchés développés que le déni a disparu ; ce n’en est que le début de la fin, pas une acceptation universelle. Avec cet exemple et cette introduction, voici à nos yeux les 7 principaux « dénis » des marchés :
Or, nous pensons effectivement que tout cela va se produire — le CNY va s’apprécier, la politique budgétaire finira par être mobilisée, l’économie deviendra plus « équilibrée » ; nous avons formulé nos prévisions d’appréciation du CNY et des CGB après les réunions d’avril 2025. Et nous prenons en compte la pression politique exercée sur la Chine, mais cela ne fait que renforcer notre point de vue. La Chine décidera elle-même de ce qu’elle fera, et le point essentiel est le suivant — LES EXCÉDENTS EXTÉRIEURS POURRAIENT SE POURSUIVRE INDÉFINIMENT. Conclusion en matière d’actifs : un CNY progressivement plus fort et une hausse graduelle des prix des CGB.
Mais ce n’est plus la bonne grille de lecture à présent. Il existe une multitude de nouveaux risques, dont l’importance est amplifiée par le fait que les émissions mondiales de dette liées à l’IA en 2026 dépassent les émissions souveraines (nous avons tous également entendu parler de la domination croissante de l’IA dans les émissions IG et les indices de référence). Voici notre liste ; vous en avez probablement déjà entendu parler ailleurs. Plus précisément, la hausse des taux révélera des problèmes, et ceux-ci constitueront des jalons ; nous évoquons déjà depuis des mois Oracle et CoreWeave comme des points d’appui évidents sur cette trajectoire de découverte. Les coûts de l’énergie nous semblent également être des risques sous-estimés, ce qui ajoute évidemment une dimension politique à ces risques. Les difficultés de rentabilité des laboratoires de pointe liées aux modèles open source. Il faut garder à l’esprit que cela n’a, au fond, rien à voir avec « l’avenir de l’IA », mais avec le fait que l’IA concurrence les émissions de dette souveraine, et que, dans un environnement de hausse des taux, les préoccupations de financement sont susceptibles de dominer le débat. Conclusion en matière d’actifs : à court terme, les prix des UST dépendent des émissions de dette liées à l’IA.
À nos yeux, les deux publications sont des lectures indispensables. Elles ont été publiées à Bangkok le 13 octobre, au milieu de nos réunions, et portent toutes deux largement sur la réduction des marges de sécurité.
Les principaux points du WEO sont les suivants :
Source: International Monetary Fund (IMF), World Economic Outlook and Global Financial Stability Report, October 13, 2026. Projections are those of the IMF, are not guaranteed, and are subject to change.
Les principaux points du GFSR sont les suivants :
Source: International Monetary Fund (IMF), World Economic Outlook and Global Financial Stability Report, October 13, 2026. Projections are those of the IMF, are not guaranteed, and are subject to change.
Les notes ci-dessous proviennent de nos propres réunions et de celles de nos collègues au cours de la semaine, tenues sous la règle de Chatham House. Elles sont organisées par région et, au sein de chaque région, selon notre appréciation de l’importance du pays pour les portefeuilles et les indices de référence. Les remarques sont rapportées sans attribution à un intervenant ou à une affiliation, et lorsqu’un point de vue provient d’un participant externe plutôt que d’un responsable officiel, nous l’indiquons simplement comme tel.
Chine. Un haut responsable chinois a renoncé à la présentation habituelle sur l’état de l’économie pour plaider en faveur d’un investissement dans les actifs en RMB : volatilité plus faible et corrélation plus faible avec les indices mondiaux que les UST ou le S&P 500, spreads bid-ask serrés, rotation élevée, marché Panda supérieur à 1 300 milliards de CNY et inclusion des CGB dans de nombreux indices de référence. Le FMI prévoit une croissance chinoise de 4,5 % cette année et de 4,0 % en 2027. Un intervenant a soutenu que le CNY devrait continuer de se renforcer, peut-être jusqu’à 6,6–6,5 pour un dollar d’ici la fin de l’année, les sorties de capitaux et un effet Balassa-Samuelson inversé dû aux gains de productivité des services liés à l’IA constituant les limites ; au moins une grande banque a également abaissé son objectif de fin d’année pour l’USD/CNY à 6,60. Un autre a insisté sur le problème des collectivités locales (les recettes tirées des ventes immobilières étant passées d’environ 8 % à 2 % du PIB, et le partage de TVA récompensant les surcapacités) et a déclaré que les autorités étaient à l’aise en l’absence de choc externe. Un participant a exprimé une opinion divergente : pas de crise financière, mais peu de chances que le CNY s’apprécie, et les obligations constituent la meilleure classe d’actifs avec des taux orientés à la baisse, à la japonaise. Le même participant a relevé les fortes importations chinoises de lingots et de pièces d’or, qu’il considère comme de l’épargne plutôt que de la consommation.
Indonésie. Un haut responsable a décrit les hausses de juin-juillet comme une défense anticipée de la roupie plutôt qu’une réponse à l’inflation, a indiqué que la politique était en pause, et a détaillé l’ensemble des outils destinés à attirer les flux de portefeuille : assouplissement des règles de couverture, nouveau cadre de documentation FX, dispositifs de règlement en monnaie locale avec sept banques centrales, achats d’IndoGB sur le marché secondaire (« not QE ») et SRBI. Il s’est montré prudemment confiant au sujet de l’examen de MSCI, soulignant que les autorités étaient allées au-delà de ce que MSCI avait demandé. Plus tard dans la semaine, MSCI a indiqué que l’Indonésie ne méritait plus le statut de marché émergent et envisageait une classification « standalone » ; le rendement local à 10 ans a bondi de 10 pb à 7,37 %, et une décision finale est attendue en novembre. Les offensives de charme ne réussissent pas toujours.
Philippines. Un haut responsable a indiqué que l’accent était mis sur l’inflation plutôt que sur la croissance. Les hausses de 75 pb ont supprimé une grande partie de l’accommodation, une réunion de politique monétaire est prévue la semaine prochaine, et un scénario sévère El Niño pourrait porter l’IPC global au-delà de 15 % en glissement annuel au T1 2027. Les dépenses d’infrastructure reculent d’environ 30 % cette année, avec une reprise de la croissance attendue en 2027. Concernant le peso, c’est le rythme plutôt que le niveau qui importe.
Brésil. Le Brésil était dans tous les esprits. Le rendement à 10 ans s’établit autour de 13 %, la course est serrée, les derniers sondages indiquent un scrutin plus disputé, et les marchés de paris ont réduit la probabilité d’une présidence de Flavio Bolsonaro. Le président Lula dépense pour gagner des voix (transports gratuits dans tout le pays le week-end, et le Sénat vient d’approuver la fin de la semaine de travail de six jours), et revenir sur cette générosité budgétaire sera politiquement coûteux quel que soit le vainqueur. Un changement d’orientation politique pourrait également ouvrir la voie à une discipline budgétaire et à un rallye des taux locaux.
Mexique. Les responsables sont divisés comme ils l’étaient en mars et en mai : certains accordent davantage de poids à la vigueur du peso et à la faiblesse de l’activité, tandis que le responsable que nous avons rencontré accorde davantage d’importance aux risques mondiaux, qui paraissent inflationnistes. L’inflation des services montre des signes naissants de modération, en particulier dans le logement, l’inflation non core se situe à des niveaux atypiquement bas (avec un risque de retournement), et l’écart d’inflation comme l’écart de taux réel ex ante sont proches de zéro. Les mesures budgétaires ont amorti le choc énergétique, l’économie croît en deçà de son potentiel mais l’activité repart grâce à la consommation et à l’investissement, et la banque centrale n’a pas besoin de suivre la Fed. Il existe un risque que Banxico entame un cycle de baisse des taux au moment même où la Fed fait l’inverse. Deux autres points : la transmission de la politique monétaire au crédit est faible (l’informalité dépasse 50 %) et le bêta du peso par rapport au S&P et au VIX est le quatrième plus élevé de l’univers émergent.
Colombie. Un haut responsable nous a indiqué que l’inflation restait bien au-dessus de l’objectif et plus persistante que chez les pairs régionaux, avec un IPC attendu à 6,9 % en décembre 2026 et à 4,3 % fin 2027, El Niño compris dans les deux cas. Le resserrement a été anticipé, 12,75 % pourrait constituer le plafond de ce cycle, et une hausse du salaire minimum de 10 %, si elle intervenait, imposerait de nouvelles hausses. Le déficit budgétaire structurel se creuse depuis dix ans, et un plan crédible est nécessaire avant que la banque centrale puisse adopter un ton moins restrictif. Une évaluation sell-side du risque politique estime à 60 % la probabilité que la loi de sauvetage budgétaire de la nouvelle administration soit adoptée sous une forme édulcorée ; le plan comprend des cessions d’actifs (notamment la participation dans Ecopetrol), la fin des subventions aux carburants, un État plus réduit et un reprofilage de la dette afin de diminuer les coûts d’intérêt, et le gouvernement souhaite vivement obtenir une ligne de précaution ou un accord stand-by du FMI.
Argentine. Le ton était optimiste. Les responsables ont soutenu que l’Argentine avait changé culturellement sur la discipline budgétaire, ont mis en avant l’adoption de réformes structurelles avec un soutien limité au Congrès (RIGI, mesures sur le travail et la fiscalité), et ont comparé le RIGI au DL600 chilien de 1974. Sur 100 milliards de dollars d’investissements miniers approuvés, seulement 6 milliards ont été réalisés, de sorte que le pipeline est important. Les responsables ont également décrit un assainissement du bilan de la banque centrale, un programme fondé sur la masse monétaire avec flexibilité du change, et un retour progressif des dollars dans le système bancaire. La crédibilité budgétaire a été décrite comme l’atout le plus important du président, le code fiscal et la réforme du travail devant venir après les élections. Le marché a déjà intégré les acquis passés ; ce que les investisseurs veulent désormais, c’est être rassurés sur la pérennité des réformes au-delà du prochain mandat présidentiel.
Pérou. Un haut responsable a indiqué que l’emploi privé progresse d’environ 6 %, que l’excédent courant représente environ 4 % du PIB, que le déficit budgétaire sera d’environ 1,5 % du PIB cette année comme l’an prochain, et que la dette publique représente environ 26 % du PIB. L’inflation globale de 4,5 % est supérieure à l’objectif mais s’établit autour de 1,8 % hors énergie, alimentation et transport, et El Niño est à son pic. Le message était qu’une hausse des taux se prépare et que la question porte sur le calendrier : une, au plus deux ou trois, sans volonté de suivre la trajectoire du Brésil. La politique constitue le frein (une longue série de présidents de courte durée), même si le rétablissement d’un congrès bicaméral devrait rendre plus probable un mandat complet de cinq ans. Les rendements des Soberanos devraient baisser sur un horizon de trois à quatre ans.
Chili. Un haut responsable a indiqué que la banque centrale avançait avec prudence : les pressions liées au pétrole pourraient se révéler persistantes et les baisses d’impôts contenues dans le projet de loi sur la reconstruction devraient soutenir l’investissement à partir du début de 2027. La croissance a été plus faible qu’attendu en raison du secteur minier, le chômage augmente légèrement, et l’écart de production est d’environ -1 %. Le programme d’accumulation de réserves de change est limité (1–2 % du volume quotidien) et le taux directeur se situe près du milieu de la fourchette neutre.
Uruguay. L’économie est plus diversifiée et moins exposée au choc énergétique : les importations de pétrole représentent 1,6 % du PIB contre près de 7 % en 2008, et la part des combustibles fossiles dans la production d’électricité est passée de 50 % à 2 %. Le gouvernement vise un solde primaire équilibré d’ici 2030, avec un déficit global ramené de 4,1 % du PIB en 2026 à 2,5 %, mais l’essentiel des mesures repose sur les recettes, ce qui comporte un risque de mise en œuvre. Les réserves représentent 20 % du PIB (1,96x la métrique d’adéquation du FMI) et les responsables voient des signaux encourageants en vue de l’adhésion à l’OCDE.
République dominicaine. L’économie se comporte mieux que prévu malgré le choc énergétique. L’inflation a culminé à 5,7 % en juin et s’établit à 5,1 %, avec un retour à l’objectif attendu au T4 ; la croissance tourne autour de 4,5 % ; le déficit courant devrait être d’environ 1 % du PIB ; et le FMI a reclassé le régime de change comme flottant. Le déficit budgétaire a été révisé à 3,6–3,7 % du PIB en raison des subventions à l’énergie. Les responsables n’anticipent pas que la banque centrale doive suivre la Fed si celle-ci relève encore ses taux.
Paraguay. Les responsables attendent une croissance de 4,5 % en 2026 et de 4,2 % en 2027, et la dette publique représente environ 38 % du PIB. En 2026, la règle budgétaire a été assouplie, portant l’objectif de déficit de 1,5 % à 3,2 % du PIB afin d’apurer des arriérés d’environ 2 % du PIB dans la santé et la construction laissés par l’administration précédente, le retour à 1,5 % étant repoussé à 2028. Le projet Atome est en pause après la révocation de ses décrets par le président en juin dans le cadre d’un différend sur le prix de l’électricité avec le Brésil.
Turquie. Un haut responsable a indiqué que la désinflation reprenait dans les catégories les plus sensibles à la politique monétaire, tandis que l’énergie et le conflit restaient les principaux risques et que les anticipations d’inflation s’étaient peu améliorées. Les réserves, corrigées de la baisse du prix de l’or, sont proches des niveaux d’avant-guerre. Le rythme plus rapide de dépréciation de la livre a été décrit comme un ajustement mécanique destiné à maintenir une dépréciation mensuelle proche de 1,8 %, et non comme un changement de politique ni un objectif de niveau ; il est prématuré de parler de flottement. Le risque le plus important est la dollarisation domestique plutôt que les sorties de capitaux, et il n’y aura pas d’assouplissement accompagné simultanément d’un resserrement macroprudentiel. Des taux américains plus élevés rendraient les responsables plus prudents sur le rythme de l’assouplissement. La crise des fonds domestiques fait peser un risque de déclassement du statut de marché émergent de la Turquie par MSCI.
Hongrie. Un haut responsable a indiqué que la politique monétaire devait rester restrictive au sens du maintien de taux réels positifs. Le plan de consolidation budgétaire du gouvernement n’est pas encore arrêté et constitue le principal risque, il n’existe pas de trajectoire d’adoption de l’euro, et la plupart des critères de Maastricht ne sont pas respectés. Le compte courant est proche de l’équilibre et les réserves s’élèvent à 62 milliards d’EUR contre 34 milliards d’EUR en février 2022. La croissance 2026 a été révisée à la baisse à 1,8 % en raison de la faiblesse de l’investissement privé, les entreprises attendant de connaître le budget 2027 ; les fonds européens (RRF et prêts SAFE) devraient arriver avant la fin de l’année. L’objectif d’inflation sera abaissé à 2,5 % à partir de janvier 2028.
République tchèque. L’évaluation que nous avons entendue est que l’économie a surpris par sa résilience, en particulier la consommation des ménages, et que la politique budgétaire est accommodante et pourrait le devenir davantage en 2027. L’inflation core est stable mais élevée et la demande intérieure constitue la principale source de pression inflationniste, de sorte que le responsable que nous avons rencontré voit un possible besoin de resserrement supplémentaire ; le calendrier pourrait être ajusté en fonction de la BCE, mais pas la trajectoire. La géopolitique a soutenu l’industrie manufacturière, notamment la défense.
Roumanie. Une consolidation budgétaire d’environ 3 % du PIB sur deux ans est en cours et le PIB se contracte en 2026, avec un écart de production négatif proche de 4 %, des salaires nominaux en baisse de 3 % et un recul de l’emploi, de sorte que le marché du travail n’est plus une source d’inflation. Le leu est jugé surévalué d’environ 1 % contre 5 % il y a quelques années. Le programme RRF de l’UE est terminé et doit être en partie remplacé par des prêts SAFE (une première tranche en novembre), les IDE reculent, et la procédure de déficit excessif impose un déficit de 3 % dans un délai de sept ans.
Kazakhstan. La croissance a été de 6,5 % en 2025 et de 4,1 % depuis le début de cette année, l’inflation est retombée à 9,3 % contre 13 % un an plus tôt, et les taux directeurs ont été abaissés de 175 pb. L’or représente 77–78 % des réserves et les responsables ne sont pas à l’aise avec une telle composition « mono-or » ; environ 50 % a été décrit comme la part de long terme adéquate et 75 % comme défendable pour l’instant compte tenu du risque géopolitique. Concernant l’inclusion dans un indice local en monnaie nationale, les responsables ont eu un échange positif avec le fournisseur d’indice ; si l’enquête clients de mars-mai 2027 est positive, l’inclusion dans le GBI-EM pourrait intervenir dès septembre 2027. (Le Kazakhstan est d’ailleurs le seul pays de notre analyse sur l’or pour lequel l’or couvre déjà plus de 100 % de M0 aux prix actuels.)
Ukraine. Les responsables ont indiqué que les prévisions seraient significativement révisées en raison de l’intensification des bombardements russes : la croissance 2026, prévue à 1,8 %, sera révisée légèrement en territoire négatif, et l’inflation de septembre ressort à 10 % contre une prévision de 8,6 %. Les taux ont été relevés à deux reprises, de 15 % à 16 %. Les routes d’exportation alternatives peuvent absorber tout au plus environ 3 millions de tonnes, contre 4 à 5 millions normalement expédiées par l’Ukraine, et l’intervention sur le marché des changes est montée à 5–6 milliards de dollars par mois, de sorte que la libéralisation du change est en pause. La situation a été résumée comme une guerre d’usure, avec l’espoir que ce ne soit pas l’Ukraine qui cède la première.
Le Golfe. Nous avons entendu que le scénario de référence suppose la fin du conflit d’ici la fin de l’année et un retour du pétrole à ses niveaux d’avant-guerre en 2027, ce qui est ce qui produit la reprise en V, et qu’il n’existe pas de plan de sauvetage connu pour Bahreïn. Pour l’Arabie saoudite, le message était celui de la résilience : Vision 2030 se poursuit avec une pleine détermination, les marges de sécurité sont considérables et le secteur non pétrolier reste robuste. Dans l’ensemble de la région, le tourisme a reculé d’un chiffre plutôt que des 30 % ou plus initialement redoutés. Bahreïn devrait mener une consolidation budgétaire du type de celle mise en œuvre par Oman, avec un solide soutien régional. S’agissant de l’Iran, le point de vue était qu’une pression économique seule ne suffirait probablement pas à provoquer un effondrement, et qu’un pétrole à 100 dollars n’en provoquerait nulle part dans la région.
Afrique du Sud. Un responsable a indiqué que la croissance était plus faible et l’inflation plus élevée, l’or constituant une marge de sécurité utile face au renchérissement des carburants. Le taux directeur réel ex ante n’est que légèrement supérieur à l’estimation neutre de 2,8–2,9 %, de sorte que le principal risque est de ne pas être suffisamment restrictif, et des hausses plus modestes sont préférées pendant que les conditions sont surveillées. Les anticipations d’inflation des entreprises réagissent davantage à un dialogue direct qu’à la communication de la banque centrale. La réforme d’Eskom a relevé la croissance potentielle d’environ 0 % à environ 1 %, en partie par l’effet de confiance.
Égypte et Liban. L’Égypte a encore une revue du FMI avant la fin de l’année et n’a pas de besoin de financement immédiat, de sorte qu’un nouveau programme dépend du gouvernement. La délégation libanaise était présente à Bangkok et la question centrale reste une solution globale pour le secteur bancaire, sans calendrier clair. Les conseillers en restructuration ont décrit le processus comme n’avançant pas et les réformes comme n’évoluant pas.
Sénégal et Afrique subsaharienne. La croissance en Afrique subsaharienne est attendue à 4,5 % en 2026 et à peu près au même niveau en 2027, avec une hétérogénéité croissante : les exportateurs de pétrole et de minerais s’améliorent tandis que les importateurs de pétrole ralentissent. Les coûts d’intérêt ont atteint en moyenne 13 % des recettes, certains pays dépassant 25 %, et environ un tiers des pays sont en situation de risque élevé de surendettement ou déjà en difficulté. Le Sénégal a obtenu un accord au niveau des services début septembre et constitue le premier cas test pour la table ronde du G20 sur la dette souveraine, mais le comité des créanciers n’a pas encore été formellement constitué, le traitement de la dette domestique et du TRS reste ouvert, et l’approbation par le conseil ne peut avancer sans progrès suffisants avec les créanciers (pas plus qu’un comité ne peut fonctionner sans la Chine). Le programme du Congo est lié à l’audit du Gabon et à la question de l’ancrage CEMAC, et le marché des changes du Mozambique ne fonctionne pas. Le LIC-DSF révisé est approuvé mais ne sera pas opérationnel avant septembre 2027.
L’auteur de ces lignes a vécu en Thaïlande de 1975 à 1979, ses parents (United States Foreign Service) y ayant été envoyés après l’évacuation américaine de Saïgon, ce qui avait fait de la Thaïlande le principal pays d’accueil des forces américaines en dehors des États-Unis à l’époque. Ma sœur et moi vivions dans un complexe sécurisé, avec surtout des expatriés mais aussi quelques Thaïlandais. Les serpents et les gros lézards étaient une réalité sérieuse dans notre quartier à l’époque, ce qui est difficile à croire aujourd’hui. Nous avons acheté le chien de la maison au marché de Chatuchak, mais tout le monde semblait finir avec plusieurs chiens errants, c’était simplement ainsi. Singapour abritait l’école rivale de la nôtre, et j’y ai vu un Singapour méconnaissable aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, il était difficile de ne pas remarquer un certain nombre de changements qui font écho (positivement ou négativement) à de nombreux pays, pas seulement à la Thaïlande.
| Thaïlande : 1979 → aujourd’hui | États-Unis : 1979 → aujourd’hui | |
| Population | 44,7 M → 71,6 M (+60 %) | 225 M → 342 M (+52 %) |
| PIB nominal, USD | 27,4 Md$ → 577 Md$ (environ 21x) | 2 600 Md$ → 30 800 Md$ (environ 12x) |
| PIB par habitant nominal, USD | 612 $ → 8 057 $ (environ 13x) | 11 674 $ → 90 027 $ (environ 8x) |
| Espérance de vie à la naissance | 61,7 → 77,1 ans (+15,4) | 73,8 → 79,8 ans (+6,0) |
| Naissances par femme | 3,45 → 1,21 (-65 %) | 1,81 → 1,63 (-10 %) |
| Cas humains de rage par an (presque tous mortels, donc cas ≈ décès) | 370 (1980, pic déclaré) → 7 (2025) | 1–2 par an (années 1980–1990) → environ 2 par an (2015–24) |
| Incidence de la rage humaine pour 100 000 habitants | 0,78 (1980) → 0,01 (2025) | inférieure à 0,001 → inférieure à 0,001 |
| Chiens errants (décompte de l’auteur) | Tout le monde finissait avec plusieurs chiens → zéro | n/a |
Source : World Bank and UN World Population Prospects, via GeoRank.org (consulté en 2026) ; « aujourd’hui » correspond à 2025 pour la population, le PIB et le PIB par habitant, avec les dernières estimations disponibles pour l’espérance de vie et la fécondité. Rage : Thai Department of Disease Control et littérature publiée (370 décès en 1980, année du pic déclaré, soit 0,78 pour 100 000 ; 7 décès en 2025 selon le DDC) ; US CDC (22 cas entre 1980 et 1997 ; 17 cas entre 2015 et 2024). La rage clinique est presque invariablement mortelle une fois les symptômes apparus, de sorte que les cas déclarés et les décès correspondent en pratique au même décompte ; ce qui empêche les cas est la vaccination post-exposition après une morsure. Les quatre dernières lignes relèvent des observations personnelles de l’auteur.
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